Rapport des inspecteurs généraux sur les Parcs nationaux

Le Conseil général de l’écologie et du développement durable a mis en ligne le deuxième tome de son rapport sur les Parcs nationaux. Plusieurs préconisations de ce rapport peuvent avoir des impacts sur les agents et sur l’avenir des Parcs.

 

Mutualisations :

Ce rapport préconise d’aller encore plus loin dans les mutualisations entre établissements : Gestion des ressources humaines, Gestion financière, logistique, informatique et télécommunication, Recherche de financements, Connaissance, Surveillance, Animation éducation à l’environnement et communication grand public, Développement durable et animation de la charte.

Pour Force Ouvrière, s’il est indispensable de décloisonner les établissements et sortir des concurrences stériles, la réponse n’est pas dans la mutualisation à outrance mais dans un fonctionnement en réseau, en coopérations et en collaboration.

Budget/Financement :

Un autre point important du rapport concerne le budget des Parcs nationaux et le financement par le ministère. Nous contestons le diagnostic sur la suffisance des moyens. Par ailleurs, la proposition de « rechercher les voies et moyens permettant aux EPPN [Parcs Nationaux] de disposer de ressources autres que budgétaires (subventions pour charges de service public du MEDDE) » n’est pas acceptable. Il s’agit ni plus ni moins que de considérer les Parcs nationaux comme un objet de consommation qu’il conviendrait de vendre à l’usager/consommateur. Cela revient à nier tous les services rendus par la nature qui ne se résument pas à des seules transactions marchandes.

Les effectifs :

Le rapport montre que les ETP des Parcs nationaux et de PNF vont décroître jusqu’à 794 en 2015. Cette diminution globale masque des inégalités entre les Parcs avec les plus anciens qui doivent contribuer à alimenter en effectifs les nouveaux. Les rapporteurs estiment que la diminution des moyens n’obère pas le fonctionnement des Parcs. Force Ouvrière est en particulier en désaccord avec la conclusion que les ressources humaines actuelles sont aujourd’hui suffisantes pour assurer l’ensemble des missions. D’ores et déjà des renforts en effectifs sont nécessaires pour assurer l’ensemble des missions.

La gestion des ressources humaines :

Le rapport envisage sans complexe de bouleverser la typologie des emplois dans les Parcs nationaux : « Du point de vue des compétences, cela implique à la fois une évolution de l’offre de formation pour les agents en place, en particulier les agents des corps de l’environnement, et la possibilité de diversifier les recrutements. Il est nécessaire qu’au niveau central soit pris en compte à la fois l’infléchissement vers le recrutement de personnels dont les métiers soient moins spécialisés, de façon à mieux couvrir les besoins nouveaux, ainsi qu’un élargissement des compétences et des types d’intervention des agents des corps de l’environnement dont la diversité des formations initiales est cohérente avec cette orientation. Les EPPN ont besoin de chargés de mission « ensembliers » et de chargés de mission « thématiques » (culture, agriculture, tourisme). » Le rapport propose de « Mettre en place des mesures adaptées pour diversifier les recrutements, faciliter les mobilités et les détachements entre les EPPN et d’autres structures d’emploi, afin de satisfaire les besoins d’évolution de compétences. »

Pour Force Ouvrière, le besoin de recrutements pour faire fasse aux nouvelles missions ne doit pas se faire au détriment des missions traditionnelles qui font la légitimité et la reconnaissance des Parcs nationaux. Il n’est pas admissible de mettre les corps de l’environnement en extinction et de créer des concurrences mortifères. Par ailleurs, il convient de valoriser l’ensemble des agents qui sont en fonction dans les Parcs nationaux : corps de l’environnement mais aussi personnels administratifs, agents contractuels, autres fonctionnaires… L’éloge de la précarité en filigrane tout au long du rapport est inacceptable.

La volonté d’abandonner tout cadrage national :

Les inspecteurs généraux mettent en avant à plusieurs reprises l’idée de donner toutes marges de manœuvres aux directeurs des Parcs nationaux : « Cette évolution ne peut réussir sans donner une marge d’initiative plus grande aux directions des EPPN pour recruter leurs collaborateurs, diversifier les recrutements et gérer avec souplesse et évolutivité la répartition des effectifs entre le cœur et l’aire d’adhésion […] Laisser une marge d’appréciation aux directeurs des EPPN pour répartir les moyens en ETP entre le cœur et l’aire d’adhésion, selon l’évolution des besoins localement. »

Force Ouvrière revendique que la tutelle soit réellement présente pour faire respecter les règles nationales. En effet, dans plusieurs cas, les règles les plus élémentaires de droit pour les agents sont bafouées.

Enfin, ce rapport fait l’impasse sur l’état de santé des « moyens humains ». En effet, la mise en application de plusieurs de ces préconisations accentuerait le profond malaise existant déjà dans certains EPPN ou en créerait dans d'autres : mutualisation à outrance déstructurant les services et engendrant une perte de sens, budget en berne dévalorisant les métiers et engendrant un manque de reconnaissance, manque d’effectifs générant une surcharge de travail et du stress, absence de résorption de la précarité, absence de management global et national…

Plusieurs autres éléments sont disponibles dans le rapport comme le rôle de PNF, de la tutelle, le Parc Amazonien de Guyane, le Parc national des Calanques et le futur Parc national des forêts de Champagne et Bourgogne.

Télécharger le rapport ici